Le Dr Florence Hacard, praticienne à l'hôpital Lyon Sud, partage son retour d'expérience sur la mise en place d'une RCP nationale dédiée au prurit complexe via Rofim. Expertise multidisciplinaire, bénéfices patients et accompagnement terrain.
Le Dr Florence Hacard est praticienne hospitalière en immuno-allergologie clinique à l'hôpital Lyon Sud. Son service est centre d'expertise de l'eczéma et développe une activité clinique, de recherche clinique et translationnelle à l'échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Engagée au sein de l'Association française pour l'étude et le traitement du prurit (AFTEP), elle a fait le choix d'utiliser Rofim pour structurer une RCP nationale dédiée aux prurits complexes, portée par des experts répartis sur l'ensemble du territoire.
Le Dr Hacard partage dans cette interview son retour d'expérience sur la mise en place de cette RCP, ses bénéfices pour les patients en errance thérapeutique, et le rôle de Rofim dans son fonctionnement au quotidien.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis le docteur Florence Hacard, praticienne hospitalière dans le service d'immuno-allergologie clinique à l'hôpital Lyon Sud. Notre domaine d'expertise tourne autour de l'allergie aux médicaments, mais également autour de toutes les maladies inflammatoires cutanées que sont l'urticaire et l'eczéma. Nous nous occupons aussi beaucoup de personnes présentant du prurit.
Notre centre est un centre d'expertise de l'eczéma, avec une collaboration active à l'échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, entre différents centres. Cette organisation nous permet de développer une activité clinique, de recherche clinique et de recherche translationnelle.
Qu'est-ce qui vous a amenée à utiliser Rofim ?
L'objectif principal était de mettre en place une RCP. Au sein de l'AFTEP, créée il y a quelques années, nous avions l'ambition de monter une RCP nationale pour pouvoir discuter de prises en charge de prurits complexes, aussi bien au niveau du diagnostic que du traitement.
Nous avions entendu que d'autres RCP étaient déjà organisées via Rofim. L'avantage de la plateforme, c'est qu'elle nous permettait d'avoir un avis véritablement national : n'importe quel médecin spécialiste, depuis son bureau, peut se connecter et accéder à l'expertise de spécialistes du prurit.
Qui peut vous soumettre un cas ?
Il ne s'agit pas de prendre en charge tout patient qui consulte pour la première fois pour un prurit. Ce sont vraiment des situations complexes, pour lesquelles l'orientation diagnostique ou thérapeutique reste incertaine malgré un bilan déjà réalisé.
Ce sont habituellement des spécialistes d'organes qui nous sollicitent : beaucoup de dermatologues, mais aussi des allergologues, des néphrologues, des gastroentérologues, des hématologues. Le prurit touche de nombreuses spécialités. Lorsque tout le bilan a été réalisé, qu'on ne retrouve rien de particulier et qu'on a du mal à comprendre la situation, c'est là qu'intervient cette RCP, qui permet d'accéder à l'expertise de l'équipe brestoise notamment, reconnue pour sa prise en charge du prurit.
Avez-vous des exemples de cas débloqués grâce à la RCP ?
Oui, il y en a eu plusieurs. Ce qui est très appréciable, c'est que le prurit se situe à la frontière de nombreuses spécialités, et donc des experts différents participent à ces réunions. Un dermatologue peut présenter un cas, et c'est le néphrologue qui va signaler un médicament ou une prise en charge auxquels on n'avait pas prêté attention. Cette vision croisée, apportée par d'autres spécialistes d'organes, permet de donner des pistes là où on était dans l'impasse.
Les RCP permettent également de valider des traitements pour lesquels des articles ont été publiés mais qui n'ont pas encore de cadre formalisé. Cela sécurise les prescriptions.
En pratique, nous organisions une RCP tous les trois mois, mais nous avons considéré que quand un patient se gratte, il a besoin d'une réponse rapide. Nous avons donc intensifié le rythme : la RCP a désormais lieu chaque troisième jeudi du mois.
Un dermatologue va présenter un cas et c'est le néphrologue qui va dire : "Attention, vous n'avez pas fait attention, mais il y avait tel médicament." On a une vision d'un autre spécialiste d'organe qui permet de donner des pistes.
Qu'est-ce que ça change concrètement pour les patients ?
Le grand avantage, c'est l'accès à une expertise nationale avec des spécialistes du prurit : le Pr Laurent Misery, le Dr Émilie Brenaut, le Dr Serge Boulinguez, le Dr Guy Rostoker, le Pr Matthieu Talagas, toutes les personnes qui ont fondé l'AFTEP et qui font référence dans le domaine.
Certains patients sont en errance thérapeutique depuis longtemps. Ils se grattent, et à un moment, les médecins finissent par dire : « C'est dans la tête, allez voir un psychiatre. » Cette RCP permet de sortir de cette impasse et de proposer des pistes concrètes. Nous avons des patients qui ont eu des améliorations réelles suite aux décisions prises en RCP. Cela leur évite l'errance, et permet une prise en charge globale et multidisciplinaire.
Des patients qui peuvent être en errance thérapeutique parce qu'ils se grattent et qu'à un moment donné, les médecins disent : "C'est dans la tête, il n'y a qu'à aller voir un psychiatre." Cette RCP permet de donner des pistes pour les patients.
Quel message souhaitez-vous partager ?
Ce que je peux dire, c'est que l'accompagnement de Rofim est vraiment très précieux. Je suis partie de zéro : il y a eu un accompagnement complet pour la mise en place de la RCP, les modalités, la fiche de présentation des cas. Tout est fluide, tout est simple.
Il y a une vraie réactivité : dès qu'on rencontre le moindre souci, on a une réponse dans la journée. C'est une très bonne plateforme, un outil concret pour nous aider dans notre pratique quotidienne.
Je suis partie de nulle part. Il y a eu un accompagnement pour la mise en place de la RCP. En fait, c'est très fluide, c'est très facile. Dès qu'on a le moindre souci, on a une réponse dans la journée.
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