Retour d’expérience du Dr Eric Morell sur la téléconsultation en anesthésie à l’Hôpital Saint-Joseph : critères patients, interopérabilité et gains de temps
Le Dr Eric Morell est anesthésiste-réanimateur au sein de l’Hôpital Paris Saint-Joseph.
Référent pour les systèmes d’information de son service, il partage son retour d’expérience sur la mise en place de la téléconsultation en anesthésie, déployée depuis la période Covid.
Dans un contexte de forte activité chirurgicale, la téléconsultation s’est imposée comme un levier pour optimiser le temps médical, mieux préparer les consultations de pré-anesthésie et améliorer l’organisation des parcours patients, tout en s’intégrant étroitement au système d’information hospitalier.
Pouvez-vous vous présenter ?
Dr Eric Morell : Je suis le docteur Eric Morell.
Je suis anesthésiste-réanimateur pour le service d’anesthésie de l’hôpital Saint-Joseph.
Je suis également le référent pour tout ce qui est système d’information dans mon service.
Dans quel contexte la téléconsultation a-t-elle été lancée ?
On a mis en place des téléconsultations à peu près depuis le Covid.
On avait commencé par une société qui, malheureusement, a fait faillite.
On s’est retrouvé sur le système régional qui ne nous a pas convenu, et à ce moment-là, avec la DSN, on a fait un appel d’offres et j’ai participé au choix.
Comment avez-vous mis en place la téléconsultation en anesthésie ?
La première chose qu’on a faite, c’est définir des critères de malades qui peuvent aller en téléconsultation.
Tout d’abord, on a déterminé des patients qu’on n’aurait pas besoin d’examiner et sur lesquels on n’aurait pas besoin de faire faire des bilans un peu trop compliqués.
Le deuxième critère, on a choisi des chirurgies peu lourdes, le plus simple étant d’avoir des malades ambulatoires.
Troisième critère, on voulait également des terrains qui ne soient pas trop compliqués.
On est parti du nombre de médicaments différents qu’avaient les patients pour limiter à quatre.
Ensuite, il fallait bien sûr l’accord du patient.
Et la dernière chose qu’il nous fallait, c’était s’assurer que le patient ait les moyens de faire une visioconférence.
Ce sont donc les secrétaires de chirurgie qui déterminent si le malade peut faire une téléconsultation ou pas.
Dans quels cas réalisez-vous une téléconsultation ?
La consultation de pré-anesthésie est faite en amont de l’opération, c’est une obligation légale en France. Tout malade qui a une anesthésie doit être vu par un anesthésiste. Quand c’est programmé, c’est plusieurs jours avant.
Comment fonctionne une téléconsultation d’anesthésie ?
La première chose qu’on a faite, c’est intégrer un questionnaire d’anesthésie informatisé.
On a dû repenser notre questionnaire papier, qui était très complet et très complexe.
On a vraiment résumé, en axant vraiment sur la sécurité.
On a réussi à obtenir que le formulaire PDF soit transféré directement dans le dossier d’anesthésie.
Notre interface, au niveau médecin, elle est très bien. Rofim a été intégré dans le système DXR. Ça permet d’ouvrir directement le logiciel Rofim depuis notre logiciel métier, le logiciel de dossier unique.
Et d’avoir déjà un premier retour direct du questionnaire.
Le fait de ne pas avoir à ouvrir deux logiciels, et d’avoir une ouverture automatique de l’un vers l’autre, c’est un vrai gain de temps.
On a dû repenser complètement notre questionnaire d’anesthésie pour le rendre plus simple et plus pertinent. Le fait qu’il soit intégré directement dans le dossier clinique, avec un accès depuis notre logiciel métier, change vraiment la donne au quotidien.
Quels sont les bénéfices ?
Le format classique d’une téléconsultation simple dépend de la chirurgie envisagée.
Une chirurgie complexe demandera un créneau plus long.
Nous, on est partis sur une logique de chirurgies simples, avec des créneaux plus courts, sur des malades simples.
Ça nous a permis de prévoir des créneaux avec cinq minutes de moins.
On est passé de créneaux de vingt minutes à des créneaux de quinze minutes.
Sur une journée de consultation, on peut gagner quatre patients.
À l’échelle d’une semaine, ça en fait déjà pas mal.
En passant de créneaux de 20 à 15 minutes pour certains patients, on peut voir jusqu’à quatre patients de plus par jour.
À l’échelle d’une semaine, cela représente déjà une vingtaine de consultations supplémentaires.
On a fait le choix stratégique de faire des créneaux dédiés de téléconsultation.
Quand on fait de la téléconsultation, on fait de la téléconsultation.
Moi, je téléconsulte depuis mon bureau.
Quels sont les retours de vos patients ?
On a des patients qui le demandent.
Je n’ai pas l’impression qu’on en ait beaucoup qui refusent.
Quel est votre bilan de la solution Rofim ?
L’outil a été vite adopté parce que, pour nous, c’est assez simple.
Notre équipe est relativement jeune, donc l’outil connecté n’est plus vraiment un problème.
L’usage pour le praticien est simple, ça c’est évident.
Le fait que ce soit intégré dans le dossier clinique nous facilite l’accès.
La remontée des éléments se fait bien.
Il faut savoir où chercher, mais on trouve sans trop de difficultés.
Le système est très facile et très intuitif.
La consultation d’anesthésie est très particulière.
On a donc fait le choix d’évaluer à distance uniquement des patients sélectionnés, sur lesquels on n’a pas besoin d’examen clinique ni de bilans complexes.
Pour en savoir plus sur la téléconsultation interopérée en anesthésie : retour d’expérience des Hôpitaux Paris Saint-Joseph Marie-Lannelongue
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