Télémédecine

Le DPI (Dossier Patient Informatisé) : définition, enjeux et place dans l’écosystème numérique en santé

👉 Ce qu’il faut retenir :

  • Le DPI est une version dématérialisée du dossier patient, utilisée en interne par les établissements hospitaliers.
  • Il contribue à renforcer la traçabilité, la coordination et la continuité des soins.
  • Il doit offrir des garanties en matière de protection des données, de sécurité et d’interopérabilité

DANS CET ARTICLE

Le DPI (Dossier Patient Informatisé) occupe une place centrale dans la transformation numérique des établissements de soins. En assurant la centralisation et la traçabilité des informations, il contribue à structurer l’information médicale, à soutenir la continuité des prises en charge et à faciliter la coordination entre professionnels. Cependant, pour cela, il doit répondre à de nombreuses exigences et à des défis croissants en matière de sécurité et d’interopérabilité. Faisons le point sur son fonctionnement, son rôle dans l’écosystème numérique en santé et les enjeux actuels.

Qu’est-ce que le DPI (Dossier Patient Informatisé) ?

Définition du DPI

Le DPI est une version numérique du dossier patient traditionnel. Il rassemble l’ensemble des informations de santé d’un patient et retrace son parcours au sein d’un établissement de santé : hôpital ou clinique.

Il peut notamment regrouper :  

  • les antécédents et diagnostics ;
  • les prescriptions médicales ;  
  • les comptes rendus et lettres de liaison ;  
  • les résultats biologiques et d’imagerie ;  
  • les observations médicales et paramédicales ;  
  • le plan de soins.

En consignant la mémoire du suivi clinique des patients, le logiciel DPI est un rouage clé du SIH (Système d’Information Hospitalier).

DPI ou DMP : quelle différence ?

Souvent confondus, le DPI et le DMP sont deux outils bien distincts et complémentaires :  

  • Le DPI est une solution interne, utilisée au sein d’un établissement ou d’un groupe d’établissements.
  • Le DMP (Dossier Médical Partagé), aujourd’hui intégré à Mon Espace Santé, est un dispositif national qui centralise les documents et données clés d’un patient. Il vise à renforcer la continuité du parcours de soin du patient, tout au long de sa vie et en ville comme à l’hôpital.

En pratique, le DPI contient des données très détaillées, nécessaires au soin quotidien, tandis que le DMP a vocation à regrouper et partager une sélection d’informations pertinentes pour le parcours global.  

👉 Un enjeu actuel est de permettre au DPI d’alimenter le DMP de manière fluide, sans perte ou ressaisie.

Qui a accès au DPI ?

Le DPI contient des données particulièrement sensibles. Son accès est donc strictement encadré. En principe, seuls les professionnels impliqués dans la prise en charge du patient doivent pouvoir consulter les informations nécessaires à leur mission.

👉 Cela suppose une politique d’habilitation par rôle et une traçabilité des connexions.

Cadre réglementaire

Le DPI s’inscrit dans le cadre réglementaire exigeant du numérique en santé. Les établissements doivent garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données de santé, en veillant notamment au respect :  

  • du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) ;
  • des autres normes définies par la doctrine nationale du numérique en santé (authentification forte, interopérabilité, etc.).

👉 L’éditeur de logiciel choisi doit garantir une parfaite conformité avec ce cadre.

Rôle du DPI et intégration dans le parcours hospitalier

Rouage central du SIH, le DPI joue un rôle crucial dans l’organisation hospitalière et la coordination des parcours de soins.

Le DPI en pratique  

Dans un établissement, le DPI accompagne chaque étape du parcours patient, depuis son admission jusqu’à sa sortie en passant par la prise en charge quotidienne.  

Concrètement, il doit permettre :  

  • de coordonner la prise en charge du patient pendant son séjour ;
  • de gérer ses données médicales ;
  • de tracer les soins et décisions qui le concernent ;
  • de faciliter la production de documents médicaux ;
  • d’optimiser la transmission d’informations au médecin traitant (via le versement des comptes rendus et lettres de liaison au DMP).

Les bénéfices du DPI

Favoriser la traçabilité des soins

L’un des apports majeurs du DPI est la traçabilité. Chaque acte, prescription ou décision peut être horodaté, attribué à un professionnel identifié et retrouvé dans l’historique clinique. Cela réduit les risques d’erreurs et facilite les audits qualité.

Renforcer la coordination inter-services ou inter-établissements

Au sein d’un même établissement, le DPI favorise la coordination entre les différents services ainsi qu’entre les professionnels médicaux et paramédicaux. Il peut aussi jouer un rôle dans la coordination à plus grande échelle, lorsqu’il est implémenté au sein de CHU multi-sites ou d’organisations territoriales comme les GHT et GRADeS.  

Garantir la continuité des parcours

Le DPI contribue à la continuité des soins et évite la perte d’informations : un patient pris en charge sur plusieurs jours, par plusieurs équipes, lors de plusieurs séjours différents ou sur différents sites bénéficie d’un dossier unique, mis à jour en temps réel.

Enjeux et défis du DPI

Pour garantir une protection optimale des données de santé et s’intégrer de manière fluide à l’organisation hospitalière, un logiciel DPI doit aujourd’hui relever plusieurs défis.

Défi n°1 - Praticité : limiter la charge documentaire et la fragmentation de l’information

Pour être efficace, un DPI doit centraliser l’information, proposer une consultation claire et limiter les doubles saisies. Son ergonomie doit permettre d’accéder rapidement aux données pertinentes, et faciliter l’importation des informations et documents. Pour ne pas alourdir la charge documentaire des équipes, il est également important de limiter la dispersion des données entre plusieurs outils ou services.

Défi n°2 - Adoption : intégrer l’outil dans les pratiques de terrain

Pour encourager les équipes à s’approprier le DPI, il faut à la fois les accompagner par la formation et la conduite du changement, et veiller à la conception de l’outil. Mal adapté aux pratiques quotidiennes ou perçu comme une contrainte administrative, il peut susciter des résistances. À l’inverse, un DPI ergonomique, intégré aux workflows cliniques, devient un véritable support de coordination et de décision.

💡 Bon à savoir : le module DCC de Rofim permet d’augmenter le DPI d’un dossier communiquant adapté au suivi complexe des patients atteints de maladies chroniques.

Défi n°3 - Interopérabilité : intégrer le DPI dans un parcours numérique coordonné  

L’interopérabilité entre les composantes du SIH est essentielle et le DPI doit s’intégrer dans un écosystème numérique interconnecté. Il doit pouvoir communiquer avec les logiciels métiers, les outils administratifs et les solutions de télémédecine, sans jamais compromettre la confidentialité des données de santé. L’enjeu d’interopérabilité se répercute aussi à l’échelle des territoires, pour permettre un partage fluide de l’information entre établissements.

💡 Bon à savoir : avec Rofim, l’interopérabilité de vos outils de télésanté avec le DPI est assurée. En s’interfaçant avec le SIH, Rofim permet aux avis rendus par téléexpertise ou aux comptes-rendus de téléconsultation d’être directement traçables dans le DPI.

Défi n°4 - Accès : concilier besoins cliniques et sécurité

Le DPI doit être accessible rapidement aux équipes soignantes lorsque cela est nécessaire. Mais cette accessibilité ne doit pas conduire à une ouverture excessive. Une politique d’habilitation stricte est indispensable pour éviter les abus (comme ce cas porté devant le Conseil d’Etat). Il est indispensable de s’assurer que toute consultation du dossier patient est liée à une prise en charge effective.

Défi n°5 - Confidentialité : garantir la protection des données de santé

Après une série de contrôles ciblés entre 2020 et 2024, la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) a noté des manquements fréquents en matière de sécurité au sein des DPI des établissements. Garantir une confidentialité renforcée des données de santé – passant notamment par un hébergement sécurisé (HDS) et un système d’authentification strict – demeure donc une priorité pour les établissements.

Défi n°6 - Résilience : se protéger contre les cybermenaces

Les structures de santé figurent aujourd’hui parmi les cibles privilégiées des cyberattaques. Du fait des données sensibles qu’il contient, le DPI est particulièrement exposé aux rançongiciels et aux exfiltrations de données à des fins de revente. Dans ce contexte, sa robustesse, mais aussi sa résilience, doivent être optimales. L’accès aux informations et la continuité des soins doivent être garantis, même en situation dégradée.

Bonnes pratiques pour un DPI fiable, sécurisé et efficace

Pour répondre à ces défis, voici une série de bonnes pratiques à adopter, basées sur les recommandations de la CNIL (voir projet 2025).

Recommandation n°1 : tracer et limiter les accès

👉 L’objectif : limiter les accès de chaque professionnel aux données strictement nécessaires à sa mission.

  • Politique d’habilitation : établir la liste des professionnels habilités pour chaque dossier et définir des accès personnalisés par rôle.
  • Authentification : identifier les professionnels à chaque connexion.
  • Journalisation : tracer tous les accès aux informations, donnée par donnée.
  • Contrôle : analyser régulièrement l’historique pour identifier tout abus ou fraude.  

Recommandation n°2 : sécuriser la gestion des données

👉 L’objectif : préserver la confidentialité et l’intégrité des données de santé, y compris en situation de crise.

  • Segmentation : distinguer les données administratives, les données d’identification et les données de santé.
  • Archivage : prévoir des purges automatiques des dossiers pour respecter les durées légales de conservation des informations.  
  • Sauvegarde : garantir la disponibilité des données en cas de situation dégradée.
  • Résilience : prévoir des procédures pour limiter les impacts en cas de violation.

Recommandation n°3 : encadrer et structurer les pratiques

👉 L’objectif : garantir des usages conformes, une appropriation durable et une confiance renforcée.

  • Gouvernance : définir des règles d’usage claires, des référents et des procédures internes.
  • Sensibilisation : former régulièrement les professionnels aux règles d’accès et aux bons réflexes de confidentialité.
  • Exercice des droits : informer le patient et permettre l’accès et la rectification de ses données, conformément au RGPD.

Recommandation n°4 : garantir la robustesse technique du DPI

👉 L’objectif : sécuriser les données tout en intégrant le DPI à un environnement numérique complexe.

  • Maintenance : prévoir des mises à jour régulières pour améliorer, corriger et faire évoluer l’outil ; veiller à sécuriser ces opérations de maintenance.
  • Cloisonnement : compartimenter les systèmes pour limiter la propagation des incidents.
  • Encadrement des connexions : contrôler et sécuriser les API (Application Programming Interface), qui permettent au DPI d’échanger des données avec d’autres logiciels ou services.

En appliquant ces bonnes pratiques, le DPI favorise une circulation fluide et sécurisée de l’information entre acteurs, et permet une interopérabilité encadrée avec les autres solutions numériques. Associé à des logiciels métiers performants et à des solutions de télémédecine comme Rofim, il soutient l’efficacité de l’organisation hospitalière et renforce la continuité des parcours de soin.

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À propos de Rofim

Rofim est une plateforme de télémédecine qui connecte les professionnels de santé à l’hôpital et en ville, pour faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge des patients. Cet outil offre 4 solutions principales de diagnostic collaboratif dont : téléexpertise, téléconsultation, e-RCP et DCC.

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