Télémédecine

Cancer du pancréas localement avancé : comment l'Institut Paoli-Calmettes a structuré une RCP régionale

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En cancérologie digestive, aucune décision thérapeutique majeure ne devrait être prise seule. C'est tout le sens de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), un passage obligé pour les cancers du pancréas, du foie, du côlon ou de l'œsophage.

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Mais entre la théorie réglementaire et la réalité du terrain, il y a souvent un fossé. Des dossiers transmis en urgence. Des patients qui parcourent des centaines de kilomètres pour une consultation. Des données de santé qui circulent parfois par SMS.

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Le Dr Jonathan Garnier, chirurgien spécialisé dans les cancers du pancréas et du foie à l'Institut Paoli-Calmettes (Marseille), raconte comment la RCP Pastis, dédiée aux cancers du pancréas localement avancés, tente de combler ce fossé à l'échelle de la région PACA.

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Pourquoi la pluridisciplinarité est incontournable

Un cancer digestif ne se résume jamais à un seul point de vue médical. Une tumeur du pancréas pose à la fois une question chirurgicale (la tumeur est-elle réséquable ?), une question oncologique (quelle chimiothérapie, dans quel ordre ?) et une question radiothérapeutique.

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Évaluer un dossier isolément expose comporte un biais : celui de ne considérer qu'une partie des options. C'est particulièrement vrai pour les cancers dits « localement avancés », une situation qui concerne environ 30 % des patients atteints d'un cancer du pancréas. Pour eux, la tumeur n'est pas « facilement » opérable. Ils sont donc orientés d'emblée vers un traitement palliatif, sans qu'un second regard chirurgical ou radiothérapeutique n’ait été systématiquement sollicité.

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« Le problème de ces patients, c'est que la tumeur n'est pas "facilement opérable" : on leur dit qu'on ne peut pas les guérir. » Dr Jonathan Garnier, chirurgien à l'Institut Paoli-Calmettes

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C'est précisément pour infléchir cette tendance qu'est née la RCP Pastis (Pancreatic cancer locally Advanced: StraTegy and Indication for Surgery). Une RCP régionale, et non plus seulement intra-établissement.

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L'exemple de la RCP Pastis

Deux fois par mois, le jeudi à 16h30, la RCP Pastis réunit à distance les spécialistes de douze centres de la région PACA :

  • le CHU et le Centre anti-cancer de Nice,
  • le CH d'Avignon et l'Institut Sainte-Catherine,
  • la clinique de la Casamance à Aubagne,
  • les centres hospitaliers de Gap, Fréjus et Ajaccio,
  • bientôt rejoints par l'AP-HM.

Chaque dossier bénéficie d'une relecture radiologique standardisée avant d'être discuté collégialement. Un compte-rendu détaillé est rédigé à l'issue de la réunion.

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Deux points sont essentiels à comprendre :

  • ‍Ce n'est pas un outil de recrutement. Les cas des patients discutés restent suivis dans leur centre d'origine. ‍
  • Ce n'est pas une validation systématique. L'avis rendu reste un avis consultatif. Ce qui est envisageable dans l'organisation d'un centre ne l'est pas nécessairement partout.

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Des bénéfices concrets pour les patients

Le Dr Garnier identifie un triple bénéfice :

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Un avis collectif, en une seule fois. Sans déplacement, appuyé sur un compte-rendu radiologique standardisé.

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Moins de trajets inutiles :

« On voit souvent des patients faire cent cinquante kilomètres pour attendre deux ou trois heures une consultation, et s'entendre proposer exactement ce qu'on leur avait déjà dit chez eux. » Dr Jonathan Garnier

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Une réévaluation dynamique. L'organisation prend peu de temps aux praticiens. Un même cas patient peut donc être rediscuté plusieurs fois : au diagnostic, puis à différents moments de son parcours.

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Le rôle de la téléexpertise en complément

À côté de la RCP, la téléexpertise joue un rôle distinct et complémentaire. Elle permet à un chirurgien, à un oncologue ou à un médecin traitant d'obtenir un avis ponctuel. Par exemple : faut-il faire se déplacer ce patient en consultation spécialisée ? Ou simplement échanger entre deux professionnels ?

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Avant la mise en place d'un outil dédié, ces échanges se faisaient souvent de manière informelle (images partagées par SMS, dossiers médicaux incomplets, etc.). Avec un risque réel : rendre un avis de moindre qualité, faute d'informations suffisantes. Sans compter la question, aujourd'hui centrale, de la protection des données des patients.

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Une solution structurée comme Rofim répond à ces deux écueils :

  • conformité RGPD, pour la protection des données, ‍
  • traçabilité des échanges, pour comptabiliser l'activité.

Des dossiers et une imagerie de meilleure qualité permettent, in fine, une décision de meilleure qualité.

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Une organisation qui a vocation à s'élargir

Née à l'échelle régionale, la RCP Pastis a vocation à s’exporter à l’échelle nationale.

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De nouveaux centres continuent de la rejoindre. À terme, le Dr Garnier envisage qu’une organisation de ce type puisse s'étendre à l'échelle nationale, puisque les patients atteints de cancers digestifs localement avancés sont, par définition, répartis sur tout le territoire.

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À propos de Rofim

Rofim est une plateforme de télémédecine qui connecte les professionnels de santé à l’hôpital et en ville, pour faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge des patients. Cet outil offre 4 solutions principales de diagnostic collaboratif dont : téléexpertise, téléconsultation, e-RCP et DCC.

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