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Double saisie, transferts d'imageries par mail, comptes rendus à ressaisir dans plusieurs logiciels : ce sont les tâches que l'interopérabilité en santé vise à supprimer. Encore faut-il savoir ce qu'elle recouvre exactement. Entre les standards HL7, FHIR ou DICOM et les questions d'architecture technique, le sujet reste souvent abstrait pour les équipes qui n'y sont pas confrontées au quotidien. Alexis Estadieu, ingénieur chef de projet interopérabilité chez Rofim, nous explique les bases : du concept général jusqu'à sa mise en œuvre concrète pour l'e-RCP et la téléconsultation.
Qu'est-ce que l'interopérabilité en santé ?
Le mot vient de deux notions : inter et opérable. Concrètement, il s'agit de faire communiquer et dialoguer deux systèmes entre eux. Ce concept ne concerne pas uniquement le secteur de la santé, mais il y prend une importance particulière.
« L'interopérabilité, c'est simple : faire dialoguer deux systèmes entre eux. Dans le domaine de la santé, l'objectif est toujours le même : faciliter le travail des professionnels de santé, leur faire gagner du temps et réduire les erreurs médicales. »
Alexis Estadieu, Ingénieur Chef de projet Interopérabilité chez Rofim
Dans le domaine médical, l'interopérabilité poursuit un objectif simple : faciliter les conditions de travail des professionnels de santé en fluidifiant la transmission des informations et des données de santé.
Concrètement, elle permet :
- d'éviter la double saisie d'une même information dans plusieurs logiciels
- de réduire les erreurs médicales liées à une ressaisie manuelle
- de faire gagner du temps aux équipes médicales et administratives

HL7, FHIR, DICOM : les standards d'échange de données de santé
Pour que les logiciels de santé puissent dialoguer entre eux, des autorités comme l'Agence du Numérique en Santé (ANS) ont défini des standards d'échange communs à tous les éditeurs.
HL7 (Health Level Seven) est le standard le plus répandu aujourd'hui. Apparu dans les années 1980, il est utilisé dans sa version 2 (HL7 V2) pour environ 80 % des échanges d'interopérabilité en santé. Ce standard organise les données selon des segments prédéfinis : chaque information (nom du patient, date de naissance, informations sur le médecin traitant, etc.) doit se trouver à un emplacement précis dans le message échangé.
Le secteur évolue progressivement vers le FHIR (Fast Healthcare Interoperability Resources), la version la plus récente de ces standards. Son objectif est de cibler plus finement les informations transmises à chaque éditeur, plutôt que de faire circuler des messages complets. Le FHIR reste toutefois encore peu répandu chez les éditeurs à ce jour.
Le DICOM (Digital Imaging and Communications in Medicine), enfin, est un protocole distinct, dédié spécifiquement à l'imagerie médicale et aux échanges avec les PACS. Il répond à une logique différente de celle des standards précédents, centrée sur la circulation des images plutôt que sur les données administratives ou cliniques du patient.
Ces standards s'accompagnent d'exigences de sécurité fortes : tout logiciel médical doit respecter des normes spécifiques, notamment la certification HDS (Hébergeur de Données de Santé), pour garantir la protection et la cohérence de l'entreposage des données.
Comment se met en place l'interopérabilité avec un SIH
Avant de parler technique, il faut identifier les interlocuteurs impliqués dans un projet d'interopérabilité :
- Côté établissement, les chefs de projet interopérabilité, rattachés à la Direction des Systèmes d'Information (DSI), qui coordonnent l'ensemble du système d'information hospitalier (SIH) : DPI, PACS, gestion administrative du patient, etc.
- Certains éditeurs, qui accompagnent les établissements sur leurs propres outils
- Côté Rofim, l'équipe qui pilote la mise en place des flux et des paramétrages techniques
Un flux d'interopérabilité met en jeu au minimum quatre briques logicielles :
- Le logiciel source (DPI ou agenda de l'établissement)
- l'EAI de l'établissement
- l'EAI de Rofim
- Rofim
Rofim fonctionne comme une solution web service : les échanges se font via des requêtes HTTP/HTTPS sécurisées, avec des clés API dédiées. Contrairement à de nombreuses applications hospitalières installées directement sur les serveurs des établissements, Rofim n'est pas hébergé chez le client.
« Avant même de lancer un projet, la première étape est de valider la preuve technique : s'assurer que l'EAI de l'établissement et notre EAI dialoguent correctement. »
Alexis Estadieu, Ingénieur Chef de projet Interopérabilité chez Rofim
Cette étape de validation porte aussi sur le format des données attendues de part et d'autre, par exemple les identifiants permettant de rattacher un document à la bonne consultation ou au bon dossier de RCP.
Les grands types de flux d'interopérabilité
Au-delà des spécificités propres à chaque module (téléconsultation, téléconsultation assistée, e-RCP, téléexpertise), quatre grands types de flux structurent les échanges :
- Le flux de rendez-vous, commun à tous les modules, qui permet de positionner un acte ou un cas depuis le DPI ou l'agenda de l'établissement
- Le flux de compte rendu, lui aussi systématique, pour transmettre automatiquement les conclusions à l'issue de l'acte
- Le flux de facturation (actes), qui concerne tous les modules à l'exception de la RCP, non facturable, et de la téléconsultation assistée
- Le flux de documents patients, qui regroupe les questionnaires et les pièces jointes échangées avant ou après l'acte, notamment pour la RCP et la téléconsultation
Cette organisation en flux communs permet à Rofim de s'intégrer nativement aux systèmes existants des établissements, sans double saisie ni changement d'outil pour les équipes médicales et administratives. Vous pouvez retrouver le détail de notre approche technique sur notre page interopérabilité.
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À propos de Rofim
Rofim est une plateforme de télémédecine qui connecte les professionnels de santé à l’hôpital et en ville, pour faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge des patients. Cet outil offre 4 solutions principales de diagnostic collaboratif dont : téléexpertise, téléconsultation, e-RCP et DCC.
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