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Pour les territoires ultramarins, l’accès à une expertise oncologique spécialisée représente souvent un défi organisationnel majeur.
La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) est un pilier de la prise en charge en oncologie, en particulier pour les cancers rares et complexes. Or, lorsque les équipes sont séparées par plusieurs milliers de kilomètres, organiser une RCP devient un enjeu logistique autant que médical.
Certaines pathologies complexes (sarcomes, cancers digestifs, tumeurs rares), nécessitent une discussion en centre expert. Pour les équipes médicales sur place, cela signifie souvent délais, isolement clinique et évacuations sanitaires.
Face à ce constat, l’Institut Gustave Roussy a choisi une autre voie : connecter les expertises plutôt que déplacer systématiquement les patients.
C’est ainsi qu’est née la RCP Pacifique en 2019.
Pourquoi créer la RCP Pacifique en oncologie ?
Deux constats ont accéléré la mise en place de la RCP Pacifique.
- Des déplacements lourds, parfois inutiles
Il arrivait que des patients parcourent des distances considérables pour une consultation spécialisée et découvrent à l’arrivée que leur situation relevait davantage d’un accompagnement que d’une prise en charge technique en centre expert.
Au-delà de la déception médicale, ces déplacements représentent une épreuve logistique et émotionnelle : plusieurs heures de vol, un éloignement géographique prolongé et une rupture temporaire avec l’environnement familial, souvent difficile à vivre.
- Des dossiers complexes faute de recours structuré
À l’inverse, certaines situations n’étaient pas discutées : les équipes locales intégraient d’emblée la contrainte géographique.
L’enjeu était donc clair : rendre le recours oncologique accessible, sans imposer un exil sanitaire par défaut. La RCP Pacifique répond à ces deux réalités : mettre l’expertise à portée des équipes, sans déplacer systématiquement le patient.
Trois fuseaux horaires, un même objectif
La RCP Pacifique réunit trois établissements :
- L’Institut Gustave Roussy à Paris
- La Clinique Kuindo-Magnin en Nouvelle-Calédonie
- Le Centre Hospitalier de Polynésie Française (CHPF) à Papeete
La RCP Pacifique se tient tôt le matin à Paris, autour de 7h30, ce qui correspond au jeudi soir en Polynésie et au vendredi soir en Nouvelle-Calédonie.
Le fonctionnement est structuré et reproductible :
- Les praticiens ultramarins sélectionnent les dossiers à présenter
- La discussion est réalisée en temps réel
- La décision est prise de manière collégiale
- Un compte rendu formalisé garantit la traçabilité
La e-RCP ne remplace pas les équipes locales : elle leur apporte un appui structuré, sécurisé et régulier. Elle permet de décider en centre expert, puis, lorsque cela est possible, de traiter au plus près du domicile du patient.
Des résultats mesurables
Le recours à l’évacuation sanitaire est passé d’environ 30 % au lancement du dispositif à 12–13 % aujourd’hui, avec un objectif clair : descendre sous la barre des 10 %.
En un peu plus de cinq ans, plus de 3 000 dossiers ont été discutés.
Au-delà des chiffres, l’impact est concret : certaines décisions permettent d’éviter 24 heures de voyage aller et 24 heures de voyage retour pour des patients dont la prise en charge peut être organisée localement.
La RCP Pacifique ne réduit pas seulement les déplacements : elle homogénéise les décisions thérapeutiques et renforce la coordination entre territoires.
💡 Pour aller plus loin : Découvrez le retour d’expérience du Dr Charles Honoré
Pourquoi une plateforme de e-RCP sécurisée est indispensable ?
La mise en place de la RCP Pacifique a rapidement mis en évidence une limite : les solutions traditionnelles de transfert d’images ne suffisaient pas à garantir un circuit fluide, sécurisé et traçable.
La solution Rofim s’est imposée comme un socle opérationnel permettant :
- Le dépôt centralisé des dossiers de RCP
- Le partage sécurisé de l’imagerie médicale
- La traçabilité des décisions collégiales
- L’archivage structuré des comptes rendus
Dans un parcours oncologique, la qualité de la décision dépend directement de la qualité du dossier partagé. Une e-RCP ne peut fonctionner durablement sans un outil sécurisé et adapté aux exigences de la cancérologie.
Conclusion
La RCP Pacifique illustre un principe simple : l’expertise peut voyager, pas nécessairement le patient.
En structurant une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire entre Paris, Nouméa et Papeete grâce à la e-RCP, ce dispositif permet :
- Une décision collégiale harmonisée
- Une traçabilité renforcée
- Une réduction tangible des évacuations sanitaires
- Un accès plus équitable à l’expertise oncologique
Un modèle de coordination territoriale reproductible dans d’autres spécialités et d’autres contextes d’isolement médical.
Aller plus loin : la téléassistance chirurgicale
Une fois la RCP Pacifique installée, une question s’est posée : comment réduire encore les évacuations sanitaires ?
Les équipes de l’Institut Gustave Roussy ont d’abord mené des actions très “terrain” : missions sur place, formation de gestes comme certaines biopsies, recherche clinique via prélèvements sanguins…
Mais un motif persistait : la chirurgie, parfois pour des interventions techniquement accessibles, mais rendues difficiles par la rareté du geste et les standards imposant un centre spécialisé pour les réalisés.
Pour remédier à ces difficultés, la téléassistance chirurgicale s’est imposée comme une option plausible et efficace : permettre, dans certains cas, une intervention locale avec accompagnement à distance, à condition de garantir l’absence de perte de chance.
💡 Pour aller plus loin : Paris-Tahiti : opérer en direct et à distance grâce à la télémédecine
À propos de Rofim
Rofim est une plateforme de télémédecine qui connecte les professionnels de santé à l’hôpital et en ville, pour faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge des patients. Cet outil offre 4 solutions principales de diagnostic collaboratif dont : téléexpertise, téléconsultation, e-RCP et DCC.
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